Guide pratique d’une rénovation plus écologique

L’écologie est au coeur des débats dans tous les domaines et à raison. En rénovation, la problématique touche toutes les étapes du chantier : de la démolition à la décoration. À travers cet article, je souhaite vous donner quelques pistes pour une rénovation plus écologique, mais aussi sensibiliser sur le coût supplémentaire que cela peut représenter sur un projet.


1.     Le travail de recyclage des entreprises de BTP

La première étape d’un chantier de rénovation est la démolition ainsi que l’évacuation et le recyclage des gravats. Si les panneaux d’amiante sont bien évidemment traités à part et avec beaucoup de précautions quand il y en a, ainsi que le cuivre, le reste des déchets de chantier est souvent mis en sac sans tri au préalable.

Il faut savoir que les entreprises en charge de cette étape doivent payer au kilogramme les gravats emmenés en déchetterie et que les artisans les descendent la plupart du temps à dos d’homme, parfois d’une chambre de bonne jusqu’en bas de l’immeuble. Il faut naturellement le valoriser financièrement parlant.

L’idéal serait pourtant de récupérer les déchets pour les valoriser et les réemployer, cependant, c’est un temps de travail considérable qui se répercute immédiatement sur la facture finale . Actuellement, les clients trouvent que la partie démolition et évacuation des gravats est trop chère, cependant, il faut s’attendre à voir un surplus de coûts pour le faire de manière responsable.

 

2. Les matériaux utilisés

 L’étape suivante est la reconstruction. Pour une rénovation énergétiquement performante, l’isolation va jouer un rôle crucial. À chaque habitation ses contraintes techniques, mais il existe des matériaux intéressants et plus écologiques, comme notamment la laine de bois, peu consommatrice en énergie, qui stocke du carbone et se tient bien dans le temps.

Quand vient l’étape d’embellissement, on peut s’orienter vers des matériaux plus responsables comme notamment les matériaux tissés à partir de fibres naturelles et végétales, faits à base de jute, de coton, de fibres mélangées, d’écorce de noix de coco, de sisal ou de jonc de mer pour les revêtements muraux.

Si le choix esthétique se porte sur des peintures, on trouve aujourd’hui de plus en plus de références dites écologiques. Fabriquées à base d’huile et de pigments naturels, vous les reconnaitrez grâce à la certification NF Environnement ou Ecolabel apposée sur leur pot. En France, depuis 2013 un étiquetage est également obligatoire afin d’indiquer les émissions toxiques qui peuvent se volatiliser dans l’air, appelés COV (composants organiques volatiles).

Si l’on élargit le choix de matériaux, le liège, se révèle être un bon isolant car imputrescible. Obtenu à partir de l’écorce du chêne-liège et d’autres matières premières naturelles et renouvelables, on peut l’enduire d’un vernis naturel ou d’huile de cire pour rallonger sa durée de vie. On peut aussi citer les dalles en OSB, pour le sol comme pour des meubles ou le caoutchouc naturel à utiliser pour le sol d’une salle de bain notamment.

Plus étonnant, on retrouve aujourd’hui du linoléum naturel, obtenu à partir d’un mélange de sciure de bois, d’additifs minéraux, de pigments, d’huile de lin et de résines naturelles. Facile à entretenir, il est aussi antistatique, ininflammable, antibactérien et hygiénique.

Côté carrelage, on privilégie les modèles naturels tels que le grès cérame ou recyclés comme les mosaïques de pâte de verre. Très résistants aux chocs et à l’usure, ils sont proposés en imitations pierre, bois, béton, etc.

En tant que matériau naturel le bois parait être une bonne option, mais il y a aujourd’hui une problématique importante dans sa production. Le bois de nos forêts françaises est abattu en France mais bien souvent manufacturé dans les pays asiatiques pour revenir ensuite en France afin d’être vendu ! Au-delà de la composition des matériaux utilisés pour une rénovation, leur provenance est à prendre en compte afin de limiter les émissions de CO2. Pour cela, on pense local, des gros matériaux à la petite décoration.

Les bois reconnus comme les plus écologiques aujourd’hui sont le bambou, le châtaignier brut et le cèdre. Cependant, ils ont aussi leurs contraintes : le parquet bambou par exemple est très mou et ne tient pas aussi bien sur le long terme. Et tous les bois bruts en général nécessitent un entretien certain car ils ne font pas bon ménage avec l’eau.

 

 3. Faire avec les matériaux du logement

Enfin, la récupération de l’existant permet d’optimiser une rénovation en termes d’impact environnemental. Plusieurs astuces pour cela : créer des meubles avec les matériaux du chantier : les chevrons au plafond peuvent devenir une table de salon, une ancienne porte peut être réinstallée dans le logement réhabilité, du bois brut peut permettre de créer de belles étagères…

On peut également utiliser les parquets existants. Contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’est parfois pas plus couteux de les rénover que d’ajouter un parquet stratifié par dessus.

 

En tant qu’architecte d’intérieur, j’ai un rôle de conseil à jouer auprès de mes clients lorsqu’ils souhaitent opter pour une rénovation plus écologique. De la sélection des matériaux de construction aux produits utilisés pour la décoration, je peux les orienter vers des finitions à faible empreinte environnementale, mais un travail de sensibilisation sur le coût de cette démarche est encore en cours auprès des consommateurs.

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